« Shin Zero », M. Bablet/G. Singelin, Label 619/Rue de Sèvres

On ne va pas se mentir, quand j’ai appris que le nouvel opus de M. Bablet (Shangri-La, Carbone & Silicium) et G. Singelin (PTSD, Frontier) puisait son inspiration dans le genre du sentai (si vous ignorez ce que c’est, pensez Kamen Rider ou Power Rangers), j’étais un peu sceptique. Eh bien j’aurais dû leur faire confiance dès le départ ! Ils nous offrent un début très réussi et prometteur où ils dépoussièrent ingénieusement le concept pour le faire entrer dans notre 21è s. et ses préoccupations.
Sentai, désormais, c’est un peu le nouveau livreur Uber : un petit job précaire où il s’agit d’accomplir une mission plus ou moins dangereuse/héroïque/absurde/nase, évaluation de fin à la clé. Entre celleux en galère pour qui c’est juste un moyen de financer études/appart, celleux qui le prennent très (trop ?) au sérieux, celleux pour qui ça devient une vitrine pour leur image sur les réseaux, etc., l’intrigue gravite autour d’un groupe de jeunes en quête de sens. On oscille entre action uchronique (les kaijus ont-ils vraiment disparu ?) et tranche de vie (la fac, la coloc, les relations amicales et amoureuses), entre page-turner à dévorer comme on binge une série Netflix et vraie profondeur sociale.
Et sur la forme, super idée d’en avoir fait un objet un peu hybride entre manga/comics/BD, entre la précision des traits et des trames en noir et blanc qui fonctionnent très bien sur les décors urbains, et encrages plus forts et surtout touches de couleurs sur les personnages. Le tout avec un découpage super énergique !
Hâte de découvrir la suite de cette trilogie qui prend le chemin d’être au sentai ce que « Watchmen » est au comics de super-héros… !

– Nikita –
