« Maltempo », Alfred, Delcourt

Derniers opus de sa trilogie italienne après « Come Prima » et « Senso » – qui se lisent tous indépendamment les uns des autres -, elle est belle cette Italie du Sud sous les lestes pinceaux d’Alfred ! Ciel bleu, figuiers de barbarie, motocyclette le long de routes sinueuses en bord de mer… les images d’Epinal sont au rendez-vous. Belle, cette Italie, mais malmenée : chômage, pauvreté, montée de l’extrême droite ; sous le soleil implacable, à l’ombre des chantiers de complexes touristiques, les jeunes désœuvrés subissent une force d’inertie qui confine à l’immobilisme et ne leur laisse pas beaucoup d’autres échappatoires que le départ ou les combines douteuses de la mafia. Mimmo, lui aussi, rêve à une autre vie. La musique pourrait-elle être sa porte de sortie ?
A rebours du titre, les accords sont très aboutis dans cet album ! Alfred se révèle un peintre habile des paysages ensoleillés somptueux comme du climat social maussade et surtout du tumulte rêveur de l’adolescence, ses premiers émois et décisions sur le chemin de l’âge adulte. Entre récit initiatique et tragi-comédie moderne, une vraie réussite rock’n roll ! Mention spéciale aux scènes de musique où dessin et lecteurices rentrent en transe harmonique.
– si vous avez aimé « Amore« , « Le Local« , « La cité des trois saints« , « Le passeur de lagunes« , …
– Nikita –
