« Tous des traitres », Giorgio Scerbanenco, Gallmeister, Coll. Totem

Avec son détective, Duca Lamberti, médecin radié devenu flic idéaliste aux méthodes douteuses, Scerbanenco flirte toujours avec la ligne rouge. Fragile équilibre entre humour noir et mauvais gout, soif de justice et vengeance, profonde humanité et froid désinteret.
Milan, seule ville cosmopolite de l’Italie prolétaire et rurale des années 60, est le théâtre de mutations sociales profondes mais les ressorts du crime sont toujours aussi antiques : bassesse, méchanceté, cupidité. Pas de quartier, pas de morale, « Si on n’est pas patient , on assassine », mais reste le sens aigu de la justice pour les victimes. Quant aux salauds, « c’est facile à imaginer parce que plus ils sont rusés, plus ils sont bêtes ». C’est beau l’Italie mais… la nuit tous les chats sont gris.
Du polar noir et fort, totalement politiquement incorrect comme les années 60 et 70 le permettaient. On dévore, on rit (jaune parfois), quel pied ! En Italie, depuis un demi-siècle, le prix littéraire couronnant le meilleur roman littéraire se nomme « Prix Scerbanenco ».
-Frédéric-
