Littérature belge, Romance, Romans

Seuls les fantômes

« Seuls les fantômes », Cyrille Falisse, Belfond

« Mon esprit ne me laisse aucun répit. C’est son souvenir qui commande. Pas elle. Elle, elle est partie depuis longtemps ». Lui est amoureux. « Fou » amoureux comme on dit sans réfléchir à ce que cela sous-entend… Elle, elle domine les hommes.  « Oh mon Dieu, elle venait d’ouvrir les portes de l’Enfer , et je m’y engouffrai en poussant des coudes ». Et celui-ci, il est « faible et fragile ». C’est trop facile : elle prend, elle exige, elle jette.  Il se replie sur lui-même , se recroqueville, disparaît aux yeux de ses amis et de sa famille. Sa santé vacille, son esprit s’emballe. La plus noire des dépressions est là. Sous ses yeux et pourtant il ne se reconnaît plus. «  Avoir peur de soi, c’est horrible ». Alors le processus de guérison se met lentement en place presqu’à son insu.

L’écriture, la poésie, l’anonymat d’une correspondante sur un réseau social mystérieux… Cyrille Falisse signe un premier roman comme une évidence. C’est l’histoire d’une obsession et de ses substitutions. C’est aussi une balade qui, de la place Flagey au coeur de Bruxelles, nous dresse le portrait des lieux de rendez-vous de toute une époque. Alors quand il fait dire à son double de papier :  « j’écris parce que je manque du courage, parce que de la nuit où je me tiens désormais seule la lâcheté m’apporte un peu de chaleur » , on lui rétorquera que ses mots sont beaux  et que son talent nous aura fait vivre (ou revivre ) la Passion ( et l’humour, toujours!) comme le sel de la vie. 

– Frédéric –

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