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La pouponnière d’Himmler

« La pouponnière d’Himmler », Caroline De Mulder, Gallimard.

Caroline De Mulder c’est l’Art d’écrire comme un compositeur du 19ème , un Beethoven de la littérature du 21ème. 

Capable de passer de la sonate au requiem, du roman social et féministe à la tragédie, de « Bambi » à « La Pouponnière du Mal ». 

La langue française s’étire, se délie, s’enroule sur le champ presque infini de la partition. 

Elle a du coffre, de la profondeur et du piquant. On lit comme on écoute, on a envie de lire à haute voix. Celle de son héroïne est tellement fragile , on l’entend, on la sent, à fleur de peau, dépassée par son destin. Elle s’élève pourtant comme une conscience qui s ‘échappe de son enveloppe charnelle.

Convoyée dans un « lebensborn », une maternité du régime seulement dévolue à la prise en charge d’enfants aryens, Renée devient l’objet de toutes les attentions. C’est que son ventre est un enjeu majeur de l’empire, c’est le creuset du soldat modèle, de sa survie.

Deux femmes, une jeune mère française et une nurse nazie tissent la trame de l’essence-même de « la banalité du mal« *. Mais c’est leur humanité , on oserait presque écrire, leur âme, qui nous transcendent.

Un très grand roman. De ceux qui nous habitent longtemps et pour moi, à jamais.

*selon Hannah Arendt

Frédéric

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