« Ernestine », Salomé Lahoche, Même pas mal

Ernestine a 9 ans, et Ernestine fume clope sur clope en lisant Sartre, fugue à Cuba avec l’argent du poker en ligne, et avance comme elle peut dans cette drôle de période qu’est l’enfance. Elle cohabite, puisqu’il le faut bien, avec son frère le gros neuneu, son père artiste-peintre en quête d’inspi dans les ‘Super Picsou Géant’, et sa mère persuadée que sa fille est une psychopathe (personne ne la croit).
Salomé Lahoche signe une BD hilarante (vraiment) avec un sens de la réplique pointu, et, derrière la blague, une vraie intelligence. Tous les personnages sont atypiques, phénoménaux et loin des clichés, et particulièrement cette brillante et diabolique Ernestine qui nous régale d’impertinence; entre une « Baron Perché » d’Italo Calvino et une « Mafalda » de Quino. Un récit d’une grande fraicheur, dans le fond comme dans la forme avec ce trait faussement ingénu, par une jeune autrice très prometteuse qui avait signé « La vie est une corvée ». Lahoche s’inscrit dans cette nouvelle génération d’autrices de BD géniales, avec un humour absurde à la Anouk Ricard, et un côté schlag féministe américain à la « Fungirl » d’Elizabeth Pich. Une pépite qui vous fera rire sonore.

-Lou-

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