« Le bleu n’abîme pas », Anouk Schavelzon, Seuil

L’agression de Luna dans une boite de nuit semble contenir toute la violence du racisme ordinaire. Une sexualisation et une appropriation des corps exoticisés corollaire d’une question sans cesse lancée, faussement innocemment : tu viens d’où ?
Comment peut-elle répondre à cette question de l’origine ? Exposer fièrement ses ramifications des quatre coins du monde, comme lorsqu’elle était enfant ? L’ignorer, repeindre tout en bleu malgré les fissures et les failles, la détourner ? Ou plutôt se plonger dans l’histoire de ses grands-parents, comprendre d’où elle vient non pas en termes de pays, de courbes corporelles, de couleur de peau, mais des trajectoires personnelles de ses aïeux dont elle peut être fière.
Anouk Schavelzon offre un premier roman coup de poing à l’écriture magistrale, qui nous entraîne par vagues dans ce récit dur mais éclairant, à découvrir !

– Capucine –

Assurément !