« Thomas Helder », Muriel Barbery, Actes Sud

Un salon à l’ambiance feutrée, des chuchotements, ce moment si particulier de la réception après la cérémonie. On vient d’enterrer Thomas, dont la dernière volonté était de quitter Amsterdam pour mourir ici, dans sa maison d’enfance, devant ce paysage enneigé de l’Aubrac.
À la manière d’une pièce de théâtre, les personnages- frère, parents, neveu- défilent pour confier tour à tour aux oreilles attentives de Margaux leurs récits, leurs secrets sur le défunt. Margaux, que tous sont ravis de revoir mais que personne n’attendait plus après toutes ces années.
Muriel Barbery (L’élégance du hérisson) nous offre un roman splendide, une dentelle de dialogues doux, poétiques, presque philosophiques mais jamais dénués d’humour, dont le motif ne se laisse voir qu’à la toute fin. Un bijou dont la langue n’est pas sans rappeler « Ceux qui appartiennent au jour » ou les écrits d’Antoine Wauters, avec un twist final épatant à la Maud Ventura. À découvrir !

– Capucine –
