« Sa majesté des mouches », A. de Jongh, Dargaud
à paraître le 13/09

Quand le vernis de la civilisation se craquelle, la barbarie n’est jamais très loin… 70 ans après sa parution, la leçon résonne toujours tristement avec l’actualité pour le chef d’œuvre de William Golding, contre-robinsonnade à laquelle n’ont rien à envier Hunger Games, Battle Royale, Lost ou Dragon Head.
Et comme avec « La Route » de Larcenet, si le défi de l’adaptation graphique était de taille, il est brillamment relevé et à mettre dans toutes les mains pour faire (re)découvrir un roman culte de cette trempe ! Le dessin époustouflant d’Aimée de Jongh, comme celui de M. Bonhomme ou C. Thompson, a ce classicisme en même temps que cette modernité qui collent à merveille au récit intemporel de ce groupe de jeunes garçons échoués sur une île déserte, capables du meilleur comme du pire lorsqu’il s’agit de (sur)vivre en société loin du monde des adultes. Une ambivalence soulignée par le contraste entre la noirceur des sublimes traits charbonneux, des encrages frappants, et les non moins sublimes lumières dorées et couleurs chatoyantes de la jungle dans des scènes et des décors vertigineux.
Gros coup de cœur et mise en garde édifiante, à glisser entre « Jours de Sable » et « Le dieu-fauve » dans votre bibliothèque !

– Nikita –
