« Le Seau », K. Tinel, Le Seuil

Parce que l’horreur de la guerre comme le devoir de mémoire ne connaissent ni âge ni bords ni frontières… Presque 250 sidérants dessins à l’encre et au brou de noix et autant de textes au cordeau où Koenraad Tinel condense tout en nuance et en symboles, tantôt avec la naïveté et l’ignorance de l’enfant qu’il était, tantôt avec le recul de l’adulte et l’artiste qu’il est devenu, son expérience de la Seconde Guerre mondiale ballotté par des parents flamands pro-Allemands en fuite.
Il s’en dégage tour à tour une atrocité indicible (mais le dessin dit ce que les mots ne peuvent parfois pas exprimer) et une certaine poésie pour un album qui ne laissera personne indifférent.e ! L’œuvre graphique d’un grand monsieur du paysage artistique belge, et un témoignage et un livre nécessaires, au même titre qu’un « Maus », face à l’obscurantisme qui regagne aujourd’hui du terrain, pour continuer à espérer ne jamais réitérer les heures et les erreurs les plus sombres du passé…

– Nikita –
