« Le Diable et Coral », J. Homs, Dargaud

Après les ruelles et le fog londoniens du 19è de la saga « Shi », c’est en tant qu’auteur complet que Josep Homs nous emporte cette fois dans la Prague de l’entre-deux-guerres et son atmosphère chargée de mystère (notamment la légende du golem). Sa palette sombre mais éclatante (les pointes de couleur et de lumière ne ressortent que plus fort dans les ténèbres) se prête à merveille à ce décor. Elle colle aussi parfaitement à la tonalité du récit au centre duquel le bien et le mal se détachent comme les côtés d’une même médaille puisqu’il met en une jeune héroïne futée confrontée au Diable en personne ! Entre méfiance et connivence, ils ont tous les deux plus d’un tour dans leur sac… mais qui aura le plus de coups d’avance ?
Une dynamique/dualité qui fonctionne très bien, pour un conte fantastique captivant qui fait un peu penser à Sandman ou Lucifer. Et graphiquement, c’est évidemment une réussite. On connaissait déjà le talent de l’artiste pour les cadrages et compositions dynamiques qui peuvent se passer de mots mais il pousse ici encore plus loin son art du clair-obscur vaporeux avec des traits plus charbonneux, plus apparents, plus bruts, tels ceux d’une merveilleuse chimère entre Jérôme Bosch et Dave McKean !

– Nikita –
