« Watership Down », R. Adams/ J. Sturm/ J. Sutphin, Monsieur Toussaint Louverture

Mon énorme coup de cœur pour le roman n’est plus à démontrer : c’est toujours l’un des trois que j’emmènerais avec moi sur une île déserte face à ce choix cornélien. Trésor de la littérature anglaise à mettre dans toutes les mains, c’est une incroyable odyssée intemporelle à la croisée des Animaux du Bois de Quat’Sous et de la Ferme des Animaux, pleine de rebondissements et de niveaux de lecture.
Tout ça pour une histoire de lapins ? Eh oui car ils sont somme toute très humains et tout prend vite pour eux des proportions homériques tout à fait captivantes – prisme des plus efficaces par lequel observer et questionner notre société, d’ailleurs.
Encore fallait-il que l’adaptation BD tienne la route… et il n’y a qu’à voir la magnifique couverture pour s’en convaincre – l’album a d’ailleurs remporté un Eisner Award ! On pouvait faire confiance à Monsieur Toussaint Louverture pour en faire le bel objet qu’il mérite et rendre justice aux très jolies planches de J. Stuphin. Pari pas si simple que celui de représenter des lapins comme personnages reconnaissables, pas trop enfantins, auxquels on puisse s’identifier et s’attacher. Le dessin tout en traits de crayon et touches d’encre, qui rappelle un peu Aimée de Jongh, Inga Moore ou Beatrix Potter, réussit à trouver l’équilibre délicat entre patte graphique et universalité à la hauteur du classique moderne qu’est « Watership Down » !

– Nikita –
