« Mauvaise graine », Octavia E. Butler, Au Diable Vauvert

Ce que vous avez dans les mains, ce n’est pas qu’un roman de science-fiction, c’est une réflexion percutante autour du rapport de domination qui existe presque toujours dans les relations humaines. Loin d’en faire un essai, Octavia E. Butler (« Xenogenesis ») écrit une histoire en grande partie construite autour de dialogues passionnants entre deux immortels. Dès leur rencontre, leur lien mouvementé nous permet de découvrir en profondeur leur rapport aux autres et à eux-mêmes : aussi terrible soit-elle, la mort est un point commun universel qui nous relie au moins par la même perspective sur la vie – alors sans elle, que reste-t-il ?
Quel coup de coeur pour ce récit si complexe ! Cette autrice afro-américaine, pierre angulaire de l’afro-futurisme, nous offre une nouvelle vision bien moins eurocentrée qui aborde de manière très originale l’esclavagisme, quintessence même de la domination. Une porte d’entrée à un style sans carcan ni règle qui fouille des thèmes peu abordés, le tout nourri de légendes africaines dont nos deux personnages principaux sont profondément imprégnés.
A découvrir pour celleux qui ont envie d’autre chose, à l’instar des romans de Becky Chambers – autre OVNI du genre – et celleux qui adorent comme moi le mélange philo-SF souvent plus efficace que tous les essais du monde, qu’on dévore sans en perdre une miette !

– Abi –
