« Le jardinier et la mort », Guéorgui Gospodínov, Gallimard
Au commencement était le verbe… et à la fin aussi.

Certains d’entre nous n’ont pas guéri de la perte d’un être cher… peut-être parce que nous n’avons pas eu les mots pour comprendre ce qu’il nous arrivait ? Gospodinov, lui, a échangé ses mots contre ceux de son père, qu’il a accompagné jusqu’à la dernière nuit.
Il s’est fait père pour celui devenu son fils pour le passage de l’ultime grain de sable dans un chapitre qui restera gravé dans ma mémoire. Pour ceux qui, comme moi, croient aux mots, empruntons à notre tour ceux de l’écrivain, légers, fatidiques, drôles et tragiques à la fois : un réalisme fellinien réjouissant, tendre et désarmant. Parce qu’en fait, que nous reste-t-il de nos anciens sinon de petites histoires drôles que nous nous transmettons ? Après tout, peut-être que rien n’est vrai dans ces historiettes qui relatent, par exemple, la maladresse ou le ridicule de certaines situations. Elles sont les petits faits divers qui constituent la sève du récit familial.
Alors ? Qu’est-ce qui est grave ? Qu’est-ce qui est important ? Qu’est-ce qui est beau ? « Les mots nous trouvent quand il le faut. » Et finalement, comment prendre la mort au sérieux quand la vie continue ? Un peu à la manière de « Alors c’est bien » de Clémentine Mélois, c’est profond, drôle et universel !

– Frédéric –
