BD, Roman graphique, SFFF

Silent Jenny

« Silent Jenny », M. Bablet, Rue de Sèvres

Après « Shangri-La » et « Carbone & Silicium » et 4 années de travail acharné, Mathieu Bablet nous livre l’opus final de son triptyque SF au sommet de son art graphique et narratif. C’est au post-apo qu’il s’attaque cette fois dans un univers riche aux influences multiples, mais qui réussit à les absorber pour en tirer un récit à la fois familier et original. Il y a du Druillet et du Moebius dans le foisonnement des planches, il y a du Miyazaki dans le design des monades et les pages « annexes » avec leurs plans de coupe fascinants mais aussi dans les problématiques écologiques soulevées par l’intrigue. J’ai aussi pensé à Mad Max, La terre des fils, Made in Abyss ou Evangelion entre autres.

Mais même si le synopsis est très différent, j’ai surtout pensé à « La Horde du Contrevent » dans le traitement du mouvement et de la communauté, avec un récit basé sur des personnages complexes et bien trempés dans un univers rude, qui essaient de trouver du sens et continuer à faire société autrement, évoluer, se réinventer malgré les embûches – notamment avec la question de comment éduquer les nouvelles générations dans un monde a priori voué au déclin. Il en ressort une solastalgie douce-amère qui n’est pas sans beauté et sans poésie. Voire d’un peu d’espoir quand même, qui sait ?


Eblouissant et impactant, le bouquet final qu’on attendait toustes !

– Nikita –

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