« James », P. Everett, L’Olivier

Comment dépoussiérer avec brio un des romans fondateurs de la littérature américaine ! P. Everett exploite intelligemment les zones d’ombre de « Huckleberry Finn » de Twain, non pas pour nous en livrer une réécriture mais un vrai dialogue avec le texte original. Si vous n’avez pas lu ce grand classique, pendant de « Tom Sawyer », nulle crainte ! ce n’est pas nécessaire pour apprécier le savant mélange d’aventures, d’ironie féroce et de résistance que vous tenez entre les mains.
Embarquez le long du Mississippi pour redonner une voix à Jim, l’esclave en fuite, le personnage secondaire dans le sillage de Huck ; ici, James, un homme érudit qui ne parle « petit nègre » que pour jouer le rôle qu’attendent de lui les blancs dans un renversement des stéréotypes aussi drôle que brillant et un jeu sur les codes habile comme dans « Récitatif » de Toni Morrison. Plus qu’une voix, peut-être retrouvera-t-il même la dignité, la liberté ? Un grand roman sur ce qui nous construit et la prise en main de notre destin !

– Nikita
