« La longue marche de Lucky Luke », M. Bonhomme, Dargaud

M. Bonhomme se réempare du légendaire Lucky Luke dans son mélange toujours aussi réussi de classicisme et de modernité dans le trait et d’hommage et de réinvention dans le scénario. Après les magnifiques décors pluvieux de « L’homme qui tua Lucky Luke » et désertiques de « Wanted », il nous emmène au plus proche de la nature dans les sublimes paysages enneigés du Minnesota. La question se pose : qu’est-ce que cet homme ne sait pas dessiner ou raconter ?!
Cette fois, il interroge la figure du pauvre cowboy solitaire en le confrontant peut-être au plus grand défi pour sa patience… un préado troublé (on pense bien sûr à Billy the Kid, mais aussi à aux « Indomptés » de Blutch ou à Goudurix) ! Luke essaie de le sauver des crocs des loups mais surtout des griffes de Ronald Cramp, qui croit que tout s’achète y compris l’élimination de son jeune neveu, obstacle à son héritage de la fortune familiale, réfugié dans une tribu d’indiens – toute ressemblance avec un personnage existant serait fortuite… ou pas.
Encore un album très réussi, haletant, drôle (avec la 1ère apparition des Dalton par Bonhomme !) et engagé, sur les thématiques notamment de l’écologie, du capitalisme et de la transmission. Pour les amateurices de « Hoka Hey », les fans de Luke ou simplement comme porte d’entrée dans l’univers : de quoi dépoussiérer le mythe et l’ancrer pleinement dans notre actualité !

– Nikita
