« Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc », Dorison / Delahaye / Parnotte, Dargaud

Nous savons toutes et tous comment l’histoire finit.
Mal pour Jeanne. Bien pour la France qui vainc la perfide Albion.
Nous connaissons plus ou moins la légende de la « Pucelle d’Orléans » accusée de sorcellerie par les uns et vénérée comme une sainte par les autres.
Mais peu sont celles et ceux qui en connaissent l’histoire…pas la légende.
Cette tragédie est une convulsion qui conditionne la survie du Royaume de France.
L’épisode final est un procès politico-religieux. Un vrai thriller !
C’est une histoire d’abîmes et de résurrection morale pour celui qui est chargé de cette lourde tâche.
Graphiquement, c’est tout simplement virtuose ! Parnotte donne vie à la France du 15ème siècle : les rues sont boueuses et fétides, la populace vitupère, la noblesse et le clergé se parent d’une luxure écœurante. Les visages sont creusés ou replets mais tous sont en chair et en os.
Les paysages vibrionnent de leur végétation printanière, et l’hiver saisit les hommes et la nature.
A travers les péripéties authentiques d’un maître, l’évêque Cauchon, et de son apprenti, le moine Isembar, Dorison nous joue la partition de Guillaume de Baskerville et de son moinillon Adso du « Nom de la Rose » avec brio ! Impossible de lâcher cette BD à la facture luxueuse.
Digne de Bourgeon et Umberto Eco !

– Frédéric –
