Littérature américaine, Nature, Voyage

Heartwood

« Heartwood », A. Gaige, Gallmeister

Parution le 19/08

« Sans les livres, il n’y a rien sinon le temps»
« Dans le Maine, on tend à penser que se perdre est un art »

Le Maine, ce vaste état du nord-est des États-Unis presque enclavé dans le Canada, est le terminus d’une randonnée mythique de 3500 km : le sentier des Appalaches. Avec ses 16  habitants du km², ses forêts impénétrables et sa topographie accidentée, c’est un environnement de rêve pour se reconstruire, oublier ou guérir

Deux femmes: une sauveteuse et une disparue. Pourquoi la première choisit-t-elle de consacrer sa vie au secours en devenant garde-chasse d’un territoire grand comme trois fois la Belgique ? Et comment l’autre, une infirmière de 42 ans intelligente et censée, peut-elle commettre l’erreur de s’éloigner du sentier ? Cette immersion dans une nature éternelle est pourtant impitoyable. Est-ce un acte désespéré ? Une envie de disparaître ? ou de renaître ? « Les mystères ou leur place dans la poésie ou au paradis mais dans la forêt, ils équivalent à un échec » . La garde-chasse, elle, n’a jamais abandonné. Alors quand les battues ne donnent rien et que tout semble perdu, elle enquête sur la personnalité de la disparue qui, de son côté, perdue au fond des bois, se lance dans l’écriture d’une correspondance avec sa mère dans son journal pour ne pas devenir folle malgré la peur et la faim qui la dévorent de l’intérieur. 

Une belle histoire ! Entre coups de théâtre et profondes introspections des protagonistes, l’autrice aiguise la pertinence de ses observations sur les humains et leurs interactions et nous tient en haleine avec ce grand récit à suspense, parfois extatique devant la beauté de la nature et de l’âme humaine. Pour s’évader sur les sentiers de l’espoir entre « Kingdomtide » de Rye Curtis et « Dans la Forêt » de Jean Hegland.

– Frédéric

Laisser un commentaire