Écologie, littérature francophone, Nature, Romans, Tranche de vie

« Le septième siffleur »

« Le septième siffleur », C. Niel, Seuil

Colin Niel nous fait voyager entre l’Ecosse, la baie de Somme et le Maroc au fil de la migration du courlis cendré, oiseau quasi-menacé d’extinction. Un fil rouge habile à ce roman choral sensible et délicat autour duquel il vient tisser trois touchants récits centrés sur la transmission. On part d’une famille de fermiers dont le père voudrait voir son fils, pourtant atteint d’une maladie qui le rendra un jour aveugle, reprendre la ferme et dont la mère essaie contre sa volonté d’aménager une parcelle en friche pour accueillir les oiseaux. Ensuite, un chasseur dont le jeune fils commence à exprimer des idées anti-chasse. Enfin, un jeune homme un peu paumé toujours dans l’ombre de son grand frère, que son père guide ornithologique pour touristes destine à prendre sa suite mais qui rêve plutôt de s’enfuir et prendre un bateau de passeurs vers l’Espagne…

Se conformer aux attentes ou suivre sa propre voie ? Et si la question n’était pas si simple ? Au fil de ces situations contrastées, l’auteur nous livre un récit avant tout très humain axé sur ces histoires familiales tout en nuances, loin d’être simplistes ou manichéennes. Sans jugement ni gros sabots, il dit aussi beaucoup sur la manière dont l’Homme exploite le territoire, son rapport à la nature, l’environnement et le vivant. Et si la cohabitation était encore possible ?

Des personnages complexes et de l’excellent nature writing à la française pour une lecture qui touche et qui donne à réfléchir ! Pour les amateurices de « Lorsque le dernier arbre » ou « Sidérations ».

– Nikita

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