« Joseph dans la nuit », Olivier Grondeau, L’Iconoclaste

Alors que vingt jours de prison peuvent sembler un calvaire pour certains, que dire de plusieurs années dans les geôles du régime iranien… pour un crime jamais commis ? C’est l’expérience poignante que nous livre Olivier Grondeau dans ce premier roman aussi singulier que lumineux qui nous rappelle « Je ne reverrai plus le monde » d’Ahmed Altan.
Qui aurait cru qu’être un éternel rêveur vadrouillant le long des routes en Iran pourrait s’avérer un motif suffisant pour être accusé d’espionnage ? Et que ce seul soupçon infondé pourrait être synonyme de culpabilité aux yeux de l’Etat ? Notre narrateur qui retrace tout son tourment, ses émotions, ses incompréhensions, mais surtout toutes ces petites choses qui lui ont permis de tenir bon !
Face à l’enfermement, l’errance mentale devient une véritable échappatoire. Des références à la pop culture (films, chansons, poésie) aux plus absurdes occupations (à partir d’objets détournés), ces infimes transgressions de l’autorité lui permettent de retrouver – l’espace d’un instant – ce que la liberté nous fait prendre pour acquis. Il érige l’imagination en acte de résistance, une force que chacun·e peut cultiver où qu’iel se trouve.
Un roman touchant dont on ressort marqué·es par l’enfermement et la claustrophobie, mais encore plus par la soif de liberté qui l’habite !
– Alyssa –
