Les porteuses d’eau – Sasha Bonét – Léonides
D’abord, Sasha Bonét nous présente sa grand-mère Betty Jean: fille d’esclave, farouchement en quête de liberté et mère de 7 enfants. Puis on rencontre ses filles, les tantes et la mère de l’autrice, ses ancêtres et sa descendance…

Ce roman se construit au fil des rencontres de ces femmes, ces mères, ces porteuses d’eau, ces « affluents » de l’arbre généalogique. Chaque chapitre déploie une vie, et chacune de ces vies enfantent ou influencent les autres. A travers elles se dessine l’histoire des femmes noires en Amérique; leur moyen de défense, d’intégration, de lutte dans une société qui les rejette.
Sasha Bonét réussit une exploration fascinante des liens familiaux et un hommage puissant aux mères et aux femmes qui nous font, en gardant un regard critique sur la maternité. Avec une écriture pleine d’attention, elle redonne une voix à toutes ces femmes, et donne à voir une certaine histoire de l’Amérique. Ca m’a rappelé Tony Morrison et James Baldwin, mais aussi Dorothy Allison et la BD « Feeding Ghosts » de Tessa Hulls.
Puissant et nécessaire !
-Lou-

