BD, Indé

Le grand vide

« Le grand vide », L.Murawiec, 2024

Avec le petit bijou que vous tenez entre les mains, Léa Murawiec nous présente une première œuvre résolument belle, juste et intelligente. Au fil des pages de ce récit dystopique proche, nous suivons les pérégrinations de Manel Naher, une jeune femme qui tente de garder la tête hors de l’eau dans une mégapole futuriste haute en couleurs mais surtout extrêmement anxiogène et oppressante (on n’est pas loin des banlieues néonées de Blade Runner  et de l’automatisation absolue du travail de Métropolis). 

Dans cet univers aseptisé, tous les habitants n’ont qu’une seule obsession : être célèbre ou du moins avoir un brin de visibilité afin de , littéralement, continuer à exister. Les plus ambitieux, chanceux ou malheureux (question de point de vue) pourront même peut-être accéder à la caste très privilégiée des immortels…

A travers cette habile satire de la surreprésentation médiatique et de toutes les tares qui en découlent, l’autrice fait preuve d’une maîtrise rarement vue sur un 1er album, tant au niveau graphique flamboyant qu’à celui sans-accrocs du scénario. Une artiste à suivre de très près donc, et un album à découvrir d’urgence

– James –

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