« L’art de la guerre » (Un autre regard sur Blake et Mortimer), Floc’h/Fromental/Bocquet, Dargaud

Après Schuiten et son « Dernier Pharaon », Floc’h nous offre exactement ce qu’exprime le sous-titre de la collection : un autre regard sur Blake et Mortimer… ! où il s’affranchit juste ce qu’il faut du patronage de Jacobs pour prendre le chemin d’un héritier moderne.
Sa ligne claire délicate et élégante se prête à la perfection au portrait de nos deux old chaps dans des planches léchées, aérées et particulièrement lisibles, aux couleurs pop art (jusqu’au clin d’œil à Warhol) tout à fait appropriées puisque ce nouvel album nous emmène sur un territoire jusque là inexploré pour notre duo mythique : l’Amérique !
Le duo Fromental-Bocquet au scénario lui sert une intrigue fignolée dans la veine « espionnage » déjà entamée avec « Huit heures à Berlin » avec une unité de lieu (New York) et de temps (1 semaine) qui ne la rendent que plus efficace ! De beaux hommages à Hitchcock côtoient des menaces terroristes qui disent beaucoup de l’état actuel de la géopolitique mondiale même si l’action se déroule dans les 50’s, et si certains éléments récurrents de l’univers jacobsien sont des passages obligés, ils sont habilement subvertis en d’intéressantes réflexions qui m’ont rappelé les meilleurs épisodes de la dynamique Batman/Joker… c’est vrai que s’il n’y a plus d’Olrik, à quoi servent Blake et Mortimer ?
Le tout saupoudré de références à la sagesse orientale de Sun Tzu, un mélange réussi à conseiller aux amateurs de « Shibumi », et peut-être l’album qui vous fera (re)plonger dans la série !
– Nikita –
