« Aliène », Les éditions du Sous-sol, Phoebe Hadjimarkos Clarke

Qui est l’« Aliène » ? Est-ce Fauvel, la jeune borgne anxieuse et chaotique venue garder la chienne d’un ami dans sa maison de campagne ? Est-ce Hannah, cette étrange chienne clonée à qui le village attribue les massacres répétés sur le bétail ? A moins que ce ne soient les rencontres hallucinées avec les extraterrestres que les chasseurs racontent tout bas au jeune sociologue Mitch ?
Quoi qu’il en soit, « Aliène » est un roman d’un autre monde, pseudo-polar flirtant avec la science-fiction, tout en étant profondément actuel tant dans sa langue que dans sa réflexion sur la domination, l’animalité et la technologie. C’est une lecture comme un rêve, avec l’étrange ambiance de « Twin Peaks » et la ruralité silencieuse et anxiogène d’« Histoires de la nuit » de Mauvignier. Comme la texture gélatineuse qui recouvre la terre du village d' »Aliène », Phoebe Hadjmarkos Clarke fait pousser en nous un doute constant et poisseux qui persiste bien après avoir terminé cet intrigant deuxième roman.

