« King Kasaï », Christophe Boltanski, Folio/Stock

La collection « Ma nuit au musée » (Stock) invite des auteurs à nous livrer le récit de leur séjour nocturne dans le musée de leur choix, comme dans les très percutants « Quand tu écouteras cette chanson » de Lola Lafon et « Le parfum des fleurs la nuit » de Leïla Slimani (que je vous recommande tous deux vivement !)
Avec « King Kasaï », nous suivons cette fois-ci avec intérêt Christophe Boltanski dans sa promenade en solitaire dans les salles de l’Africa Museum à Tervuren. Ancienne vitrine colonialiste à la gloire du roi Léopold II et de la Belgique, l’ex « musée du Congo belge » a repensé son rôle et se veut aujourd’hui « décolonisé ».
Si l’écrivain ne prétend nullement s’improviser spécialiste de la question, il nous présente toutefois un court ouvrage bien documenté, où le récit des faits historiques alterne avec des souvenirs et questionnements personnels. Comparant la muséographie glorificatrice qui prévalait avant la réouverture de 2018 à celle qu’il appréhende dans la pénombre, l’auteur prend le temps de suspendre son vagabondage sur tel objet remarquable, tel animal empaillé. Ces derniers lui servent alors de point de départ pour dérouler le fil de sa pensée et nous faire entr’apercevoir, sans pour autant émettre de jugement, les horreurs qui ont été perpétrées dans l’actuelle RDC.
« King kasaï » : un ouvrage impactant qui esquisse de multiples pistes de réflexion sur le passé colonial de notre pays. À lire !

– Capucine –
