« Come over come over », L. Barry, Çà-et-Là

Comme quoi, à l’instar de Julie Doucet, il reste encore de grandes autrices à découvrir de ce côté de l’océan ! Ce 1er recueil de Lynda Barry, actrice majeure de la scène underground américaine, regroupe des strips parus dans les années 80-90 dans le Chicago Reader. Et avec des vignettes de seulement 4 cases, elle en dit pourtant beaucoup des problématiques qui touchent les ados d’hier comme ceux d’aujourd’hui et de demain !
Elle choisit pour ça la forme du journal intime, d’où la place importante allouée au texte – presque un peu intimidante au début, mais on s’attache bien vite au personnage de Maybonne et sa voix unique, entre cruauté et autodérision, qui, comme dans « Les cahiers d’Esther », nous brosse un portrait très juste de l’adolescence. Période des émotions à fleur de peau, des premiers émois, des questions existentielles ; tout prend vite des proportions terribles et absurdes, comme si notre vie dépendait du collier partagé avec notre BFF ou de l’attention d’un garçon. On touche aussi à des sujets plus durs : harcèlement scolaire, famille dysfonctionnelle, abus divers, alcoolisme, machisme. Mais l’humour – parfois féroce – n’est jamais loin (avec des strips de 4 cases, il faut un certain art de la chute !) et Maybonne est là pour nous rappeler, avec une maladresse charmante, qu’on peut trouver de la joie dans les endroits les plus inattendus.

– Nikita –
