autobiographie, BD, Histoire, Non fiction, Politique, Roman graphique

Worm

« Worm: une odyssée américano-cubaine », Edel Rodriguez, Bayard

Qui pourrait imaginer une corrélation entre Trump et Castro ? Élu « artiste le plus détesté de Donald Trump » et « activiste de l’année » en 2016 pour ses créations iconiques de couvertures pour les magazines « Time » et, entre autres, « Der Spiegel », Edel Rodriguez a fui Cuba en 1980 à l’âge de 12 ans quand Castro exhorta ses compatriotes à chasser « les criminels, les fous et les homosexuels » dans de véritables appels au lynchage. Alors quand il entend que le candidat républicain reprend la teneur des messages de haine du « leader Maximo », il oublie la prudence de ceux qui ont tout risqué pour se faire une petite place discrète dans la patrie qui les a accueillis il y a plus de 40 ans en racontant leur histoire. Son histoire.
Celle du courage qu’il a fallu à ses parents pour décider d’arrêter de se cacher aux yeux du voisinage pour n’importe quelle initiative qui les aiderait à manger à leur faim, pour décider d’eux-mêmes ce qui serait bon ou pas pour l’éducation de leurs enfants, pour décider enfin d’être ce qu’ils décideront de devenir.

La trichromie et le trait charbonneux qui tend presque au rendu graphique de la gravure sur bois illustrent à merveille ce récit qui va au cœur du sujet.

Ce qu’Edel Rodriguez réussit de main de maître pour ses compatriotes cubains c’est ce que, par exemple, Marjane Satrapi a réalisé pour les Iraniens. Dans une deuxième partie tout aussi passionnante, il dresse aussi le parallèle évident de la propagande nationaliste propre à toutes formes de totalitarisme.

Un roman graphique qui fera référence. A lire si vous avez aimé « Journal inquiet d’Istanbul » ou « Chumbo« .

– Frédéric –

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