« Manger », Eleonore Marchal, Cambourakis

« C’est bien que tu portes du noir, ça t’amincit » dit sa mère à la toute petite Miss. C’est le début de cette injonction violente et omniprésente qui va conditionner tout son rapport à la nourriture : ÊTRE MINCE.
Divisé en 3 parties – enfance, adolescence et entrée dans l’âge adulte – le récit aborde à travers ce parcours les Troubles du Comportement Alimentaire, sujet primordial si présent et dangereux, et pourtant rarement traité aussi justement. Eleonore Marchal les explore de manière très intime, de l’intérieur, mais elle réussit aussi à aller plus loin en en décryptant les racines et la mécanique. Le tout dans un univers décalé du réel, doucement magique avec des couleurs vives et un style pseudo-enfantin tordu. Cette liberté onirique est le véritable tour de force de « MANGER » car inattendue et oxygénante.
C’est une belle et audacieuse réussite pour cette première BD qui rappelle un peu « JUNK FOOD » de Croque et Gleason dans cette manière si pertinente d’insuffler dans le propos la puissance de la fiction !

– Lou –
