« La montagne », Valfret, Fremok

On est dans la Montagne, celle qui est désertée par les touristes en hiver, celle où on prie pour que la pluie s’arrête et où il faut rouler des heures pour aller au travail. Dans cette immensité déserte résonne la voix d’un jeune montagnard, qui parle tout en poésie brutale de l’adolescence dans la ruralité. On est plongé.e avec lui dans les peintures de ces paysages brouillés et vides de gens, tout en sensation. Et le texte, comme tagué à l’intérieur, forme une narration libre et fiévreuse qui rappelle « L’été des Charognes » de Simon Johannin.
Valfret (« Un et demi ») parvient à nous plonger dans ce grand vide territorial qui enivre d’ennui et de liberté. Les souvenirs, le sexe et la famille se dispersent et se faufilent, avec en toile de fond une crise politique qui semble loin des montagnes mais dont les répercussions se font sentir. En quête de sens à petite et à grande échelles, dans un horizon qu’on retrouve dans les films « Chien de la casse » ou « Vingt Dieux« , »La Montagne » semble trouver l’aube d’un espoir dans le chaos boueux.

– Lou –

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