« L’amourante », Pierre Alexandrine, Glénat

A la recherche d’explications, un amant éconduit se présente un soir à la porte de Louise. Il était loin d’imaginer la révélation qu’elle va lui conter : tant qu’un homme est épris d’elle, elle conserve la jeunesse éternelle. Sans ça, le temps reprend ses droits; et en accéléré si elle-même devait tomber amoureuse. Un cadeau largement empoisonné qui amène son lot de solitude et de mélancolie…
Pour une 1ère BD en autodidacte, c’est épatant et prometteur, à la fois graphiquement – on est sur une ligne claire élégante et efficace mais pas dénuée de caractère, un peu comme chez Kerascoët – et sur le plan narratif ! On pense à « Dorian Gray » mais aussi à « Beauté », « Peau d’homme » ou certaines ambiances de Timothé le Boucher. Si l’histoire de Louise nous fait voyager à travers les siècles et l’Europe, c’est toujours avec l’ancrage de l’art du récit dans une habile mise en abyme.
Derrière le conte fantastique fascinant, on trouve des réflexions tout à fait d’actualité sur les figures féminines diabolisées à travers l’Histoire à cause de leurs différences, sur l’obsession de la jeunesse et de la séduction, le male gaze et plus largement les injonctions sociales sur les femmes et leurs corps. Et encore plus loin… se cache peut-être aussi une belle et touchante histoire d’amour face aux caprices du destin, qui sait ?
Après Sixtine Dano et son « Sibylline », les éditions Glénat ont du flair avec Pierre Alexandrine, un auteur à suivre !

-Nikita-
