Littérature belge, Romans, SFFF

Spectres

« Spectres », T. Gunzig, Au Diable Vauvert

Notre Thomas Gunzig national revient en cette rentrée littéraire avec un hybride inclassable à ne pas manquer ! Quelque part entre suspense, post-apo, thriller et réflexion philosophique, il nous offre surtout un vrai bon roman de SF grand public dans le meilleur sens du terme : tel « Interstellar », il parlera aux fans du genre comme à ceux qui y sont d’habitude réfractaires !

Dans un futur proche brûlant d’actualité notamment au niveau climatique, notre modernité rugissante a presque fini d’épuiser les ressources terrestres. Heureusement (?), une physicienne fait une découverte fondamentale : un monde « parallèle » caché dans les replis du nôtre, nouveau territoire que s’empresse d’essayer d’exploiter une multinationale…

On alterne entre huis-clos sous haute tension dans la base « spatiale » créée là-bas et flashbacks sur le vertige quantique de la découverte scientifique qui l’a rendue possible au fil d’une intrigue haletante ! Curiosité, mystère, le frisson est au rendez-vous. Mais ce qui est au cœur du récit, c’est comme souvent l’humain – comme sous l’humour parfois grinçant mais toujours très sensible des chroniques de l’écrivain. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… à l’heure de l’intelligence artificielle et du « toujours plus » de nos sociétés capitalistes, Gunzig replace au centre les liens qui nous lient et la puissance de la mémoire. Une spiritualité étrange mais prégnante qui avance main dans la main avec plausibilité scientifique pour un résultat bluffant et difficile à lâcher !

C’est un bouquin intelligent, captivant, empreint de nostalgie mais aussi de grand spectacle, qui sous couvert de divertissement fait sérieusement réfléchir aux empreintes que nous voulons laisser derrière nous. Gros coup de cœur !

– Nikita

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