« Les oliviers du Négus », David Prudhomme, Laurent Gaudé, Actes Sud

« Qu’est-ce donc qu’un humain si ce n’est qu’une accumulation d’histoires neuves, rapportées, imaginées qui mises bout à bout, finissent par faire une vie. »
Zio Négus est mort. C’était le fou de ce petit village du sud l’Italie où la famille Gaudé venait en vacances. La rencontre est une révélation intime et littéraire pour l’écrivain. Sa biographie raconte l’Italie du 20è s., ses errances, ses folies, les mirages auxquels a adhéré un peuple parfois aveuglé par l’orgueil et la volonté coloniale. La vie de Négus, elle, révèle la conscience morale, éthique, politique et écologique.
Prudhomme, même quand il adapte le texte d’un autre, reste un auteur lui-même. Un grand auteur. Il ne modifie pas la langue riche, profonde et tout en délicatesse de Laurent Gaudé. Pourquoi perdre le souffle et la musicalité d’un texte pour en faire un BD ? Il va dessiner, suggérer le silence des champs d’oliviers, la chaleur hébétée du mois d’août, la noirceur des ombres portées, les bleus azur ou gris des mers et des cieux du sud de l’Italie.
Après le plus intime « Du bruit dans le ciel » et les chefs-d’œuvre « Rebetiko-Rebetissa », le fil conducteur de l’Oeuvre de Prudhomme se délie encore pour nous émerveiller devant la beauté lente du monde.

– Fred –
