BD, Roman graphique

Oleg

« Oleg », F. Peeters, Atrabile

« On se débat, on se débat, et mine de rien on avance »

20 ans après « Pilules Bleues », Frederik Peeters revient encore plus fort !

A travers « Oleg », ce double dessiné, ce personnage-miroir, il se livre sans faux-semblant sur sa vie d’artiste et les coulisses de son quotidien : son métier (l’inspiration capricieuse, les attentes du public, la pression des éditeurs…et celle qu’il se met lui-même), sa famille (sa fille désormais en pleine adolescence, sa femme qu’il aime depuis 20 ans victime d’un AVC), ses réflexions sur la vie, l’univers et tout le reste. Et il se dévoile avec une justesse absolument bluffante, avec pile ce qu’il faut de distance et d’autodérision pour ne pas tomber dans le nombrilisme, et assez de bravoure pour se montrer sous ses angles les plus vulnérables. Car en bon reflet de notre époque et notre société, Oleg est un être de contradictions et de doutes. Et là où Frederik Peeters est un vrai grand Auteur, c’est qu’à travers son expérience intime, il parvient à atteindre l’essence de ce qui fait de nous, universellement, des êtres humains, et à toucher des cordes susceptibles de résonner en chacun d’entre nous.

Et là où il est encore plus fort, c’est qu’il allie cette maestria narrative à une maîtrise graphique époustouflante.

« ça coule tout seul, c’est fluide, ça vibre », nous dit Oleg, et il n’a pas tort : quels traits sublimes de limpidité, quelles ambiances il crée en quelques cases, quelles atmosphères se dégagent de ses noirs profonds, ses creux loin d’être vides, ses textures, ses ombres et ses lumières… C’est aussi splendide que puissant de pureté tellement c’est beau et pourtant si simple ! Mention spéciale à ces passages hallucinées aux airs de réalisme magique.

Un bouquin dans lequel se plonger dans la solitude paisible du soir tombé pour une lecture pleine d’authenticité, d’amour, de complicité, de fragilité précieuse, de résistance tranquille, de calme avant la tempête d’idées, et de la nostalgie douce de ceux qui « traînassent dans la nuit ». Rien de moins qu’un petit chef d’oeuvre qui m’aura laissée soufflée une fois refermé. Il risque d’être bien difficile pour les suivants cette année d’égaler ce 1er gros coup de foudre de 2021 !

A lire d’urgence ! Et encore plus si vous avez aimé : ‘Pilules Bleues’ bien sûr, ‘Le combat ordinaire’, ‘L’obsolescence programmée de nos sentiments’, ‘Les couloirs aériens’, ‘Blankets’, ‘Paul à la maison’, ‘L’accident de chasse’

– Nikita –

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