« Sang neuf », J-C. Chauzy, Casterman

Comme le poignant « Le petit frère » de Tripp, J-C Chauzy nous livre ici un album très personnel dont la mise en scène, sa bichromie gris/rouge et ses dessins expressifs nous saisissent et percutent fort dès les premières pages pour ne plus nous lâcher. 2020, alors que le confinement est à nos portes, le diagnostic tombe : défaut de plaquettes sanguines dans la moelle osseuse – comme Malzieu dans « Journal d’un vampire en pyjama ». Aller simple pour une chambre stérile le temps d’une greffe, en espérant que ça prenne.
Impossible de ne pas rentrer en empathie avec l’artiste qui se met à nu (sans misérabilisme), nous décrit la maladie, ses épreuves, le corps déshumanisé, l’attente sans fin des analyses, des résultats ; mais surtout l’impact de la perspective de la mort sur lui-même, sa famille, ses amis. Que gardera-t-il de ses parents, que laissera-t-il à ses enfants ? Et nous ? Si on prenait un peu de recul sur nos existences ? Comme il le dit lui-même, c’est un rappel qu’il est mortel… mais en vie ! Un témoignage touchant plein de simplicité mais aussi d’espoir, car la lumière est bien là au bout du tunnel, et un bel hommage au corps médical et à la force à puiser auprès de nos proches en cas de coup dur !

– Nikita –
