« Là où dorment les géants », M. Mazars, Le Lombard

On se souvient des scènes de danse virevoltantes et des traits enlevés de « Tanz ! » – prix Raymond Leblanc de la jeune création… et fauve révélation à Angoulême ! – Maurane Mazars, sa jeune autrice, revient ici avec un album encore plus impressionnant, plus personnel aussi sans doute, et c’est une réussite ! Ça vibrionne d’inventivité graphique dans tous les coins : marges, inserts, découpages, … et on ne peut qu’être frappé.e par le travail des couleurs, des aquarelles chatoyantes quelque part entre les enluminures médiévales revisitées par Pedrosa dans « L’âge d’or », l’esthétique d’affiches vintage suisses-allemandes et les œuvres d’un Brecht Evens. Côté dessin on n’est pas en reste, entre sensibilité et expressivité, dans le sillage à la fois marqué et aérien d’un Thomas Gilbert, Manuele Fior, Terkel Risbjerg ou Quentin Zuttion. Ça fait beaucoup de références, mais c’est avant tout sa propre « patte » originale qui émerge de cet album, il suffit de le feuilleter pour s’en rendre compte.
L’histoire, elle, est celle de Malo, jeune apothicaire itinérante, et son voyage initiatique aux allures de conte philosophique pour nous rappeler avec douceur l’importance du partage des ressources et du vivre-ensemble. Un personnage féminin fort qu’on prend plaisir à suivre dans sa quête d’équilibre entre indépendance et racines. A découvrir absolument si vous avez aimé « Géante » ou « Peau d’homme » !

– Nikita –
