littérature canadienne, Romans

Lorsque le dernier arbre

« Lorsque le dernier arbre », M. Christie, Albin Michel

Probablement mon plus gros coup de cœur de la rentrée littéraire !

Direction la Colombie Britannique à 4 époques différentes, 4 générations d’une grande fresque familiale vertigineuse qui a toujours touché de près ou de loin le bois : son industrie, son artisanat, sa sauvegarde, son étude, son dépérissement. On y progresse d’abord à rebours avant de repartir de l’avant, comme les cernes concentriques de la section d’un tronc d’arbre. C’est extrêmement bien pensé, car on est amené à faire l’expérience du mystère que représente chaque génération pour la suivante avant de nous mettre nous-mêmes dans sa peau, chaque nouveau segment enrichit l’éclairage et notre compréhension de cette riche et complexe saga addictive. A son cœur, la grande question : qu’est-ce qui fait une famille ? Le sang ? Une histoire partagée ? L’amour ? Les secrets ? Les sacrifices ? Les épreuves traversées ? Michael Christie tente d’y répondre en nous livrant une belle leçon de résilience au passage, un avertissement sur l’urgence de notre situation climatique, une galerie de personnages à vous marquer durablement, et un équilibre haletant et magnifique entre la ruine et l’espoir.

Un roman qu’on rapprochera facilement de « L’arbre-monde » de Powers, mais qui m’a aussi fait penser à « L’accident de chasse » par son originalité narrative, sa façon d’aborder les relations filiales, les thèmes de la transmission, du sacrifice, et puis la simplicité touchante et exaltante avec laquelle le dernier des vagabonds, dans la poussière des chemins et les couches sales d’un enfant qu’il n’a pas eu le cœur d’abandonner au risque d’atterrir dans la pire des galères, peut apprendre à lire, découvrir et adorer « L’odyssée » d’Homère. Comme « Betty », c’est le genre de livre dont vous dévorez les 500 premières pages en 2 jours sans pouvoir le lâcher et puis vous faites durer les 100 dernières afin de ne pas quitter tout de suite son univers, ses personnages, cette famille-forêt dense et profonde qui aura germé en vous.

– Nikita –

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